QUELQUES GRENADES FRANCAISES

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Grenade Besozzi
GRENADES A MAIN
Pétard de la 3ème Armée
Pétard à barbelés
Grenade mod 1914
Grenade Besozzi
Grenade percutante P1 ('Poire')
Grenade fusante F1
Grenade offensive OF1
Grenade Foug Citron
Grenade lacrymogène

GRENADES A FUSIL
Grenade Viven-Bessières

GRENADES SPECIALES
Grenade pour mortier Brandt
Grenade DR

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Grenades françaises



Grenades à main


Grenade de la IIIème armée

La grenade de la IIIème armée
est une industrialisation des improvisations des premiers mois de la guerre (les fameux pétards raquette composés d'une planche en bois, d'une cartouche de cheddite et de clous ou graviers ou fils d'acier), rendues nécessaires par la faible capacité de la logistique française à développer et mettre en fabrication des modèles de grenade plus modernes.

Pétard plus que grenade, c'est un tube préfragmenté de dimensions (longueur 12.5 cm, diamètre intérieur 3 cm) faites pour 'habiller' une cartouche de mélinite de 100g, avec un détonateur en son centre relié par une mèche à un petit bloc en bois contenant des amorces de chasse, que l'on pouvait mettre à feu par percussion sur un clou.

Plusieurs modèles de cylindres existèrent, et l'on rencontra ce dispositif jusqu'en 1917 (la cheddite remplaçant la mélinite), à chaque fois que la demande dépassa l'offre industrielle en grenades modernes.

Poids approximatif 550 g, 100 g de melinite puis de cheddite

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Grenade de la IIIème armée - détail

Petard de destruction de barbelés. Détail montrant la jointure de tôle roulée. Grenade de la IIIème armée. Détail de bouchon de tête avec les chiffres '3-7' pyrogravés : retard de 3 à 7 secondes, nominal 5 secondes... pas très précis...

Le pétard pour destruction de barbelés
est une variété des pétards raquettes, improvisé lui aussi au début du conflit dans le but de pratiquer des brèches dans les réseaux de fils de fer avant les offensives.

De conception sommaire, il s'agit simplement d'un cylindre de tôle roulée et rivetée, fermée à l'extrémité supérieure par un bouchon de bois, et à l'extrémité inférieure par un manche de bois. Ce dernier, creux, reçoit un allumeur à traction qui met le feu à une mèche (retard de 5 secondes) reliée aux détonateurs. Ceux-ci font exploser la charge de 400 g de cheddite contenue dans le cylindre.

Un modèle doublant la charge explosive (800 g), plus long, apparut en 1916.

Poids approximatif 600 g, 400 g de cheddite

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Petard de destruction de barbelés.

Grenade modèle 1914, avec bouchon allumeur Vue du dessus

La grenade modèle 1914
est une amélioration de la grenade modèle 1847. Son concept datait donc de près de 70 ans ! Faut-il une autre preuve du peu d'attention que le haut commandement français portait à cette arme avant la guerre, la jugeant trop défensive ?

L'amélioration consistait en un quadrillage intérieur de la sphère de fonte (pour fragmentation) et un filetage pour montage du détonateur (fusée 1914, à traction).

Lourde, cette grenade pouvait être lancée à l'aide d'un bracelet, peu pratique dans l'espace exigu des tranchées. L'optimisme du début de la guerre en retarda la fabrication, et ce modèle ne fut distribué qu'en 1915 aux poilus qui avaient entretemps utilisé des moyens de substitution plus artisanaux, comme les pétards raquette !

Poids 1 kg, 110 g de poudre (puis de cheddite)

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Grenade modèle 1914, avec bouchon allumeur Détail du bouchon allumeur (Trouvé à Verdun - Ravin de la mort)

Grenade Besozzi trouvée en Champagne Grenade Besozzi trouvée en Champagne - silhouette typique

La grenade Besozzi
permit de doter les poilus d'une grenade moderne dès 1915, en important ce modèle d'Italie ou en le fabricant sous licence en France.

Sa forme, son quadrillage externe et sa maniabilité préfigure des grenades modernes qui sortiront des arsenaux peu après.

Allumage 'primitif' par mèche à tête phosphorée, à allumer sur un frottoir fourni, mais plus sûrement au fourneau de pipe !

Il semble que les modèles fabriqués en France avaient une gorge latérale pour la sortie de la mèche, tandis que la mèche sortait perpendiculairement à la surface pour les modèles importés d'Italie

Poids 630 g, 60 g d'explosif P.

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Grenade Besozzi achetée au Musée de La Targette - Couleur et mèche ne sont pas d'époque... Tentative de reconstitution du profil d'une grenade Besozzi (Fragments trouvés en Champagne - Main de Massiges)
Fragments de grenade Besozzi trouvés en Champagne - Main de Massiges)

Grenade cuiller - voyez-vous la cuiller ? Fragment d'une grenade P1 - remarquer les moulages de pré-fragmentation en interne

La grenade P1 (percutante n°1)
, inventée par Mr Billant, qui donna à la France le bouchon allumeur automatique à levier pour les grenades, apparait en mai 1915, et aussitôt appelée pour des raisons évidentes 'grenade poire' ou 'grenade cuiller'.

L'amorçage réalisé en coupant la ficelle qui retenait la cuiller en aluminium ou en acier fut à l'origine de nombreux accidents. La mise à feu par un détonateur percutant interne actionné à l'impact nécessitait que la grenade atterisse bien droite, ce qu'était censé assurer un ruban-empennage libéré par la remontée de la cuiller à l'amorçage...

Dangereuse, allumage pas très fiable, et fragmentation déficiente (voir photos), cette grenade ne fut pas une réussite !

Poids 550 g, 30 g d'explosif P

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Grenades P1 reconstituées depuis leurs fragments. Ceci montre la mauvaise fragmentation de ces engins ! (Fragments trouvés à  Verdun - cote 304, et au Chemin des Dames)
Grenade cuiller - ce profil montre pourquoi cet engin mérita son surnom de grnade poire... - Bouchon allumeur et bouchon de fond démontés

Grenade F1, coiffe de protection  retirée Grenade F1 détail du dispositif d'allumage par rugueux

La grenade F1 (fusante n°1)
apparaît à partir de mai 1915, mais plus massivement en 1916. C'est enfin une grenade 'moderne', et la plus utilisée par le fantassin français lors du conflit.

Elle est dangereuse dans un rayon de 200 m, et sa fragmentation est raremement parfaite. L'allumage des premiers modèles, munis d'un bouchon allumeur à percussion modèle 1915 (photo) se faisait en retirant la coiffe de protection, puis en frappant sur le percuteur.

Les modèles suivants furent munis d'un allumeur automatique Billant modèle 1916 B (type Mills) et survécurent jusqu'en 1940 !

Poids 630 g, 60 g de cheddite.

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Grenade F1, modèle équipé du nouvel allumeur automatique Billant modèle 1916 B Détail du nouvel allumeur automatique Billant modèle 1916 B (type Mills)
Grenade F1 avec un allumeur à friction du type ancien. Le long capuchon cylindrique en carton a disparu. Collection de grenades F1, avec allumeurs de différents types
Allumeurs à friction démontés, pour montrer la différence de taille entre le nouveau type (au-dessus), et l'ancien (en-dessous).

Grenade OF1, équipée d'un allumeur automatique Billant Grenade OF1, autre vue

La grenade OF1 (offensive n°1)
est conçue, comme toutes les grenades de ce type, pour faire plus de peur que de mal. Il s'agit surtout d'étourdir et effrayer l'adversaire, sans risquer de prendre des éclats de sa propre grenade en courant vers lui. Son rayon mortel est donc très faible, à la différence des grenades défensives.
Elle se compose de deux calottes de fer blanc embouti soudées ensemble, avec un orifice portant un pas de vis pour recevoir un allumeur, et contenant une charge de 150 g de chedditte, puis plus tard par 120 g de Schneideirite et 105 g de NTMX.
Cette grenade fut distribuée aux armées dès 1915. Elle sera, au long de la guerre, équipée des types successifs d'allumeurs, jusqu'au moderne Billant.

Poids 250 g, 150 g de cheddite.


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Grenade OF1 avec allumeur automatique Billant modèle 1916 B démonté
Vue de dessous de l'allumeur automatique Billant modèle 1916 B (type Mills)

3 grenades citron vides de leur charge (Trouvées à Verdun - Côte du Poivre)

La grenade Foug Citron 1916
était fabriquée à Foug, petite ville près de Toul. Ce 'citron' est une évolution en 1916 de l' 'asperge' de la même société Foug !

Bonne fragmentation par optimisation de la forme et de la charge, faible coût de fabrication. Sa forme la fit appeler Grenade 'citron'. Système d'allumage par percuteur logé dans un sabot en bois faisant office de bouchon (disparu sur certains des les exemplaires reproduits).

Ne possédant pas de système de sécurité (goupille), elle était donc assez dangereuse malgré un simple capot de protection en tôle placé sur le détonateur pour le transport.

Poids 550 g, 90 g de cheddite.

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Les mêmes grenades, remarquer la différence d'usinage du quadrillage, preuve que les spécifications techniques envoyées aux nombreux fabriquants étaient plutôt larges...
Grenade Foug citron munie de son bouchon-allumeur à percussion en bois (Trouvée en Champagne) Détail du bouchon-allumeur à percussion en bois, démonté
Grenade Foug citron recouverte du capuchon protecteur en métal (Trouvée en Champagne) Grenade Foug citron,  capuchon enlevé, 'prète à l'emploi'

Grenade Suffocante modèle 1914 Grenade Suffocante modèle 1914, coiffe protectrice retirée, prète pour allumage par percussion

La grenade Suffocante modèle 1914
a été développée pour la police avant guerre.

D'intérieur en laiton étamé pour résister à la corrosion du liquide irritant, puis en fer plombé pour les mêmes raisons, elle contient une charge de poudre noire pour disperser l'acroleïne qui est le liquide lacrymogène. Le modèle de la photo est en fer plombé (corps supérieur peint en rouge).

A partir de 1916, des bouchons automatiques Billant (modèle 1916) remplacèrent les bouchons à percussion (modèle 1915).

Poids 400 g, 200 g de liquide lacrymogène

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Grenade Suffocante modèle 1914 démontée, avec bouchon allumeur à percussion



Grenades à fusil


Grenade à fusil Vivien Bessières - A gauche la coiffe du détonateur avec le petit levier, à droite la vis de fermeture du trou de remplissage Grenade à fusil Vivien Bessières - Coiffe de détonateur et vis de remplissage démontées, au centre trou du chenal pour la balle de fusil

La grenade VB (Viven-Bessières)
mise en service en 1916, fut la plus célèbre des grenades à fusil françaises.

Elle était tirée à l'aide d'un tromblon fixé au fusil Lebel, en utilisant une cartouche classique. Elle était traversée dans son axe par un cylindre du diamètre de la balle, et le tube du détonateur était parallèle à cet axe.

Au moment du tir, la balle traversait le tube central, et en sortant actionnait un petit levier placé sur la partie externe du détonateur, déclenchant le mécanisme de mise à feu. Les gaz d'éjection, s'accumulant dans le tromblon éjectaient le corps de la grenade jusqu'à 180 m.

Une petite coiffe en laiton, avec un trou pour le passage de la balle en son centre, était généralement placée sur la tête de la grenade pour prévenir d'un déclenchement accidentel du levier.

Cette grenade était tellement efficace qu'elle modifia la tactique de l'infanterie française : chaque compagnie disposait de 16 tireurs VB, lui conférant une puissance de feu très maniable et discrète à la fois pour les actions offensives et défensives.

Poids 475 g, 60 g de cheddite

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Grenade à fusil Vivien Bessières - Vue de la base, avec chenal pour balle de fusil Grenade à fusil Vivien Bessières - celle-ci n'a pas du faire grand mal... (Trouvée au Chemin des Dames)
Celle-ci, heureusement coupée en 2, nous fait voir ses segments en face intérieure (Trouvée au Chemin des Dames) Joli modèle possédant encore un marqueqge 'TS' et le levier de déclenchement
Tromblon adaptable au fusil Lebel pour le tir de grenades Vivien-Bessières



Grenades spéciales


Projectile de mortier Brandt, trouvé en Champagne. Les ailettes ont disparu. Projectile de mortier Brandt, trouvé en Champagne. Logement du détonateur.

La grenade de mortier pneumatique Brandt
était tiré par un petit engin de tranchée développé dès 1915 pour utilisation par l'infanterie..

Le tube du lanceur faisait 1m30 de long et 60 mm de calibre, relié à un système de réservoirs, piston et culasse mobile, pour un poids total de 22 kg. Un affût trépied de 16 kg pouvait être utilisé. Développé initialement comme lance-grenades pneumatique, ce mortier finit par se voir doter de projectiles spécifiques, à empennage court vissé à la base du cône.

Poids et type d'explosif inconnus


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Projectile de mortier Brandt exposé à Albert au musée des Abris. Projectile de mortier Brandt. Bel exemplaire d'une autre collection.

Grenade DR en état plutôt moyen, traces de peinture kaki d'origine Grenade DR. Le capuchon en bois porte-détonateur n'est pas d'époque et le détonateur a disparu.

La grenade DR
apparut sur le front en fin 1916. Elle était destinée à être tirée par un fusil d'infanterie coiffé d'un manchon à chambre variable et armé d'une balle à blanc.

Composée d'une base empennée en tôle fine emboutie, d'un corps préfragmenté en tôle plus épaisse emboutie également, d'un capuchon en bois porte-détonateur, cette grenade ne donna jamais tout à fait satisfaction, de par la difficile mise au point de son détonateur percutant qui causait soit des détonations prématurées au départ, soit n'explosait pas de manière certaine à l'arrivée.

Ce projectile fut également utilisé sur des 'bombardes Garnier', composées d'un cadre surlequel étaient montés 4 canons de fusil Gras portant chacun deux mandrins de tir de grenade, pour tirer des salves de 8 DR.

Poids 550 g, 85 g cheddite

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Grenade DR démontée