QUELQUES GRENADES BRITANNIQUES

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Grenade N°24 Mk I
INTRO : LES GRENADES BRITANNIQUES DE 1914 / 1918

GRENADES A MAIN
Grenade N°2 MkI et MkII 'Marten Hale'
Grenade 'Battye'
Grenade 'Mills' N°5 Mk I et II, N°23 Mk I, II et III, et N°36 MkI et II
Grenade N°34 MkI, MkII, MkIII et MkIV

GRENADES A FUSIL
Grenade à fusil N°20 MkI et MkII
Grenade à fusil N°24 MkI et Mk II

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Grenades Britanniques

A la différence des autres armées entrant en guerre en aoüt 1914, l'armée Britannique avait récemment participé à un conflit, au cours des Guerres des Boers en Afrique du Sud, et en avait profité pour tirer des enseignements pratiques face à une armée non conventionnelle, mais équipée de matériel moderne. Outre l'artillerie, ces leçons induirent en particulier la création d'une série de grenades modernes, dont la première apparut en 1908. Cette 'Grenade Nr 1, General Service' équipait le corps expéditionnaire Britannique lors de son entrée en guerre.

Comme pour les autres belligérants toutefois, l'expérience de la guerre des tranchées entraîna des besoins de grenade croissants en quantité et en technicité, et des modèles improvisés furent développés parallèlement à l'évolution des modèles réglementaires.

Issue de ceux-ci, la grenade Mills, apparue au cours de 1916, sera incontestablement la meilleure grenade à main du conflit et connaîtra une très longue carrière internationale ensuite.





Grenades à main


Grenade percutante MARTEN HALE 'Mexicaine'
Grenade à main et à fusil N°2 MKI et MkII

Sur la même base technologique que celle de la grenade percutante à main N°1 MkI, MKII et MkIII General Service des Royal Laboratory de Woolwich (1908) qui était issue de l'expérience des combats de la guerre des Boers, la société privée Marten Hale Cotton Powder Ltd fabrique dès 1907 une grenade percutante destinée à l'armée Mexicaine. Pour faire face à l'insuffisance de la production de la N°1 par rapport aux besoins de l'Armée Britannique engagée en Europe en 1914, l'Etat-Major adopte cette grenade privée et la nomme grenade à main et à fusil N°2 MKI (elle sera également utilisée par l'Armée Française).

Le corps de la grenade, un cylindre de laiton, contenait la charge explosive et l'allumeur à percussion dans un cylindre central, fonctionnant par inertie et sécurisé par une goupille de sécurité. Une double ceinture de fonte préfagrementée enserrait le tout.

Un manche de 40 cm à long ruban (90cm) était monté pour utilisation en grenade percutante à main, qui devait atterir sur la tête pour fonctionner. Pour le tir au fusil, une tige de 25 cm de long et de 7 mm de diamètre pour les fusils anglais, ou de 8 mm de diamètre pour utilisation avec les fusils Lebel français, pouvait être montée à la place du manche.

La version grenade à main N°2 MKII ne différait que par la longueur et le nombre des rubans. Cet engin était particulièrement peu sur, très sensible une fois la goupille enlevée.

Poids inconnu, charge de Tonite

Grenade à fusil N°2 Mk I reconstituée. Marquage : 'THE COTTON POWDER Co Ltd - HALES PATENT LONDON - 8 M/M - B.
Grenade à fusil N°2 Mk I. Détail du corps sectionné pour en faire un objet d'artisanat de tranchée.
Grenade à fusil N°2 Mk I. Montage en souvenir de guerre, artisanat de tranchée.
Grenade à fusil N°2 Mk I - Schéma d'époque.



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Grenade Battye
Grenade improvisée - modèle Battye

Comme toutes les armées en guerre, les Britanniques durent compenser le manque de grenades réglementaires au début du conflit par une production de grenades artisanales. La grenade Battye date de mai 1915 et est une improvisation due à un certain Major Battye qui fabriquera ce simple cylindre fragmenté à Béthune (France), à plusieurs milliers d'exemplaires.

Ce corps de grenade était rempli d'une charge d'ammonal, et fermée par un bouchon de bois au travers duquel était pratiqué un trou pour y placer une simple mèche ou un dispositif d'allumage plus sophistiqué (à traction ou rotation) avec un retard de 5 secondes.

L'emploi de grenades d'improvisation, dont celle-ci n'est qu'un exemple, fut interdit à la fin 1915 dans l'armée anglaise, suite aux nombreux accidents.

Poids total 550 g, dont l'explosif (ammonal)

Grenade Battye
Grenade Battye vide
Grenade Battye - Schéma d'époque



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Grenade à main (et à fusil) Mills
Grenade N°5 MkI, II - N°23 MkI, II et III - N° 36 MkI

Ce sont deux Belges, l'ingénieur Albert Dewandre et le Capitaine Léon Roland (de la Compagnie Belge des Munitions Militaires) qui conçurent avant guerre le principe de cette grenade moderne : système allumeur automatique entièrement interne et étanchéité parfaite. Le début de la Grande Guerre interrompit le développement (le capitaine Roland étant fait prisonnier), et c'est l'industriel Anglais William Mills qui rencontra Dewandre dès la fin de 1914, rendit le concept théorique réalisable, et le fit breveter dès février 1915.

La grenade n°5 MkI (Mills patent) apparut finalement en mai 1915, mais connut un dépoiement relativement lent dans les unités combattantes, dont certaines ne touchèrent leurs premières qu'un an plus tard. Cette grenade était constituée d'un corps ovoïde en fonte préfragmentée extérieurement, avec un trou de remplissage latéral, un trou à l'extrémité supérieure pour recevoir la cuiller de percussion, et un gros orifice fileté à la base pour accueillir le bouchon en laiton donnant accès au mécanisme d'allumage.

Ce mécanisme était contenu dans un tube central : un percuteur mobile comprimant un ressort faisait face à une amorce se trouvant derrière le bouchon à la base de la grenade. Le dessus du percuteur était relié à un levier externe, retenu par une goupille de sécurité. Au moment d'utiliser la grenade, le soldat ôtait la goupille et retenait la cuiller en place dans sa paume. Lorsqu'il lançait la grenade, l'action du ressort relevait le levier vers le haut, projetait le percuteur contre l'amorce, et enflammait une mêche à retard, qui faisait exploser le détonateur après sa combustion.

Sûre et bien étanche, cette grenade fut sans conteste la meilleure grenade à main du conflit, et fut adaptée en grenade à tige pour fusil par l'intermédiaire d'appareillages spéciaux. Le modèle Mills connaîtra pendant la première guerre mondiale 3 évolutions majeures :

  • la grenade à main N°5 MkI et MkII : le levier de la MkII est équipé d'un pli de rigidité
  • la grenade à main et à fusil N°23 MkI, MkII et MkIII : la MkI apparaît en 1917 avec base plus pointue et bouchon de base muni d'un trou fileté pour adjonction éventuelle d'une tige et transformation en grenade à fusil. Les MkII et MkIII sont des modifications destinées à augmenter la productivité et diminuer le coût de fabrication.
  • la grenade à main et à fusil N°36 MkI : évolution de mai 1918, plus ventrue pour éviter de flotter dans le tromblon, et oreilles de retenue de la goupille plus développées.
La longévité de ces différentes versions fut telle qu'elle sera toujours employée en 40 / 45, et retirée du service seulement en 1970 ! En tout plus de 50 millions de ces grenades furent fabriquées pendant la guerre par plus d'une centaine de sous-traitants. Sa maniabilité, son pouvoir de fragmentation, et son système de détonateur interne, qui l'isolait des problèmes classiques d'humidité, assurèrent une bonne part de ce succès.

Poids 770 g, dont les explosifs divers (Alumatol + Abelite + Cilferite, ou Amatol, ou Ammonal + Bellite)

Grenade Mills N°5 MkI.
Grenade Mills N°5 MkI, vue de devant avec la vis de remplissage.
Grenade Mills N°5 MkI, vue de dessous, bouchon retiré montrant le percuteur, sans le tube central, la mèche et le détonateur.
Grenade Mills N°5 MkI, détail du bouchon de baset avec marques de fabrique ('Nr5 MkI - 10/15 - Calthorpe Motor').
Grenades Mills N°5 MkI, la carcasse de celle de gauche a été trouvée dans les Flandres près de Hooge
Grenade Mills N°5 MkI - Schéma d'époque.



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Grenade oeuf Britannique
Grenade N°34 MkI, MkII, MkIII et MkIV

La petite et maniable grenade oeuf allemande ('Eierhandgranate') inspire les Britanniques qui introduisent dès la fin 1917 une copie constituée d'un corps en fonte et d'un simple allumeur à percussion et retard de 5 secondes. Cette Hand Grenade n°34 arme connaîtra 4 variantes successives :

  • la hand grenade N°34 MkI de forme ovoïde, avec un allumeur à percussion, ressort de sécurité et goupille amovible, retard de 5 secondes
  • la hand grenade N°34 MkII de forme identique à la MkI, avec un allumeur à percussion, fil métallique à cisaillement de sécurité et goupille amovible, retard de 7 secondes
  • la hand grenade N°34 MkIII de forme ovoïde allongée, avec l'allumeur à percussion de la MkII
  • la hand grenade N°34 MkIV de forme ovoïde raccourcie et bande striée, avec l'allumeur à percussion de la MkII
Les 4 modèles sont équipés d'un bouchon en laiton fermant le trou latéral de remplissage.

Poids inconnu,charge d'alumatol

Grenade à main n°34 Mk III - vue montrant la vis de chargement en pleine face
Grenade à main n°34 Mk III - logement de l'allumeur
Grenade à main n°34 Mk III, allumeur à percussion démonté (détonateur absent)



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Grenades à fusil


Grenade à fusil N°20
Rifle Grenade N°20 MkI et MkII

En 1915 apparaît une nouvelle grenade à fusil, la rifle grenade N°3 inspirée d'un modèle percutant Marten Hale qui résolvait les problèmes de sécurité associés à la grenade à main et à fusil N°2. Si le mécanisme ingénieux de sécurité qui comportait une hélice dont la rotation créée par l'écoulement d'air en vol armait la grenade au début de sa trajectoire était efficace, il rendait également la fabrication complexe et donc coûteuse.

La grenade à fusil n°20 Mk I est une simplification datée de juin 1917 de cette célèbre grenade à fusil n°3, rendant sa fabrication moins onéreuse et plus rapide, sans concéder à la sécurité. Le corps préfragmenté extérieurement et l'allumeur interne à percussion reste inchangé, mais l'hélice d'armement est supprimée au profit d'une simple bague coulissante descendant par inertie au départ du coup, et bloquée au repos par une goupille de sécurité.

Une seconde simplification, cette fois destinée à l'usinage du corps lui-même, apparaîtra aussitôt avec la grenade à fusil n°20 Mk II dont le corps préfragmenté ne comportait plus que des sillons circulaires parallèles, plutôt qu'un quadrillage externe.

Comme tous les projectiles de ce type, ces grenades à fusil étaient utilisées en enfilant la tige dans le canon d'un fusil d'infanterie classique, mais armé d'une cartouche spéciale sans balle. L'emploi par inadvertance d'une balle classique représentait le principal risque d'accident.

Poids inconnu, ammonal

Grenade à fusil n°20 Mk I avec tige
Grenade à fusil n°20 Mk I avec tige, détail du dessus, bouchon porte détonateur dévissé
Grenade à fusil n°20 Mk I avec tige, vue du dessus
Grenade à fusil n°20 Mk I avec tige - Zoom sur la base contenant le mécanisme d'armement. Vue de la bague coulissante retenue par la goupille se sécurité.
Grenade à fusil n°20 Mk I avec tige - Schema d'époque



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Grenade à fusil N°24
Rifle Grenade N°24 MkI et MkII

La grenade à fusil n°24 Mk I est une autre simplification datée de juin 1917 de la série de grenades à fusil n°3 à n°20.

Les modifications ne concernaient que les dimensions et formes de pièces, mais le fonctionnement était identique aux modèles précédents, à tel point que l'emploi de cette variante ne nécessitait aucune instruction particulière. Le corps était fragmenté extérieurement uniquement par des sillons circulaires.

Une ultime simplification fut adoptée en supprimant toute fragmentation externe pour la grenade à fusil N°24 Mk II de mai 1918, dont le corps en fonte était désormais lisse, tous les autres composants restant inchangés.

Poids inconnu, ammonal, amatol ou alumatol

Grenade à fusil n°24 Mk I avec tige. Corps préfragmenté transversalement - Photo Luc Malchair
Grenade à fusil n°24 Mk I - Schéma d'époque
Grenade à fusil n°24 Mk II avec tige, corps lisse
Grenade à fusil n°24 Mk II avec tige, détail de la queue, avec goupille de sécurité
Grenade à fusil n°24 Mk II avec tige, détail de la tête, capuchon dévissé (perdu)



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